Vendredi 20 novembre 2009
Je suis une jeune femme de cinquante-deux ans

Quoi...pourquoi souriez-vous ? Souris et vous.

C'est la jeune femme qui vous amuse ?

Non ce n'est pas ça. Du tout.

Ah oui c'est le cinquante-deux. D'eux

Chamboulez-le, retournez-le

Il se transforme. En transe. En forme

Et hop il devient. Viens

Vingt-cinq. Magique. La nique

Je suis une jeune femme de vingt-cinq ans

Mon âge a tous les possibles. Si bleus

C'est un mensonge. Songe

Si le temps marchait vers l'arrière. Hier

Je pourrais dire. Hier encore

Et demain aussi. Oh si !

Je suis une femme. Jeune Âme

Les années peuvent passer

Très passer

Et mon âge avancer

Je resterai une femme

Vingt-cinq

Trente-six

Quarante-quatre

Cinquante-deux

Soixante-trois

Soixante-quatorze

Quatre-vingt-cinq

Toujours femme

Cinq sens et une âme







Non ce n'est pas mon anniversaire.


Par Bérangère - Publié dans : Portraits
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Mardi 17 novembre 2009



Dana m'a taguée pour parler de sept choses que vous ignorez de moi. Merci Dana !


C'est sur la route qui mène au Monastère de Drepung que j'ai rencontré Djampaïché. Un valeureux Khampa. Il portait une turquoise à l'oreille et les cheveux enroulés autour du crâne. Il sentait la terre gelée et le feu de bois. Nous l'avons fait plusieurs fois. La route.

J'ai perdu le goût du vin de Bordeaux mais j'ai découvert celui du thé au ghee salé de Yak. J'en buvais le matin, seule et le soir avec les moniales autour du Brasero en récitant des Mantras. Les flammes faisaient danser nos ombres sur les murs couverts de suie.

C'est Lhassa que je contemplais depuis mon bivouac. Au loin je devinais l'imposante silhouette du Potala. Je me suis déguisée pour pénétrer la Ville Sainte. J'ai été repérée pour excés de propreté.

Je me nourrissais de lentilles, de patates, des pommes du chemin, de lait fermenté. Jamais de viande. Je  devenais végétarienne plus par obligation que religion.

C'est à Shigatsé qu'un Gomchen m'a offert un moulin à prières. Je l'ai ramené dans mes bagages. Un jour  " Toshi Délé " mon chien s'en est emparé. Il l'a enterré, je ne l'ai jamais retrouvé. C'est désormais la terre qui entend mes prières.

J'ai passé de longues années à apprendre l'art du Mandala. De la patience, des sables colorés, un souffle de vent et tout disparaît. Impermanence. Impermanence.

Ressusciter me plairait pour revivre une journée, une nuit avec Djampaïché.


Vous l'aurez compris, j'ai imaginé ce qu' ADN, Alexandra David-Néel aurait pu dire d'elle. Une femme que j'aurais aimé rencontrer et surtout avec qui j'aurais aimé voyager.



Par Bérangère - Publié dans : Portraits
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Vendredi 13 novembre 2009

S'asseoir, allumer l'ordi, tiens c'est vendredi. Poisson. Jour. Mot. Rue. Jeu.

Lire les mails, en écrire, raconter deux ou trois conneries, lancer des invitations. Pêcher en ligne.

Commencer la liste des courses et regarder l'aspirateur du coin de l'oeil. " Tu pourrais pas te débrouiller tout seul pour une fois ? "

Noter papier d'alu, carottes, pâte brisée, colle. Une éponge qui gratte. Spontexement.

S'octroyer un petit moment pour bloguer. Aller chez les voisins, lire, rire, sourire, comme hantée. Être à l'écoute de l'envie qui titille et de la perceuse qui vrille. Le voisin a pris une RTT. Récupération pour Travaux à Terminer.

S'identifier chez Over-Blog. Cliquer sur " Ecrire un nouvel article " regarder la page blanche qui s'affiche. Rajouter Kleenex sur la liste.

Commencer à écrire un post sur une soirée lingerie. Principe de la réunion Tupperware sauf que ce ne sont pas des boîtes mais des culottes. Les deux lavables en machine. Pas les mêmes. Bien sûr. Dentelles, balconnets, frou-frous, devant, derrière.

S'interroger. Ça intéresse qui de savoir que j'ai acheté une nuisette avec un noeud-noeud rose ? En Vichy. Modèle Bardot. Hein Brigitte ?


Plutôt écrire un post sérieux, argumenté, réflexionné. Dire que j'ai écouté Badinter ce matin sur Inter et que décidément cet homme là est grand. Mais ça je sais pas faire. Trop légère, pas assez grave. Réfractaire au  rigoureux au sérieux. Accueillante à l'un prévu, l'autre pas. Laisser aller et valser. Avec Bachir ou PP.

Se lever, appuyer sur " eject ", loader Lisa Ekdahl et tourner sept fois ses oreilles dans la pièce pour bien ramasser toutes les notes. Reprendre la rédaction du billet, relire, pâlir. Mais c'est trop mauvais. Ni rime, ni raison. Du bouillon. Noter Kub Or sur la liste.



Se souvenir que c'est la Saint Brice. Retirer la casserole hors du feu. Se souvenir que c'est la journée mondiale de la gentillesse. Et se faire une fleur. Gentillesse bien ordonnée. S'inviter devant le placard du chocolat. L'ouvrir, le fermer. L'ouvrir encore une fois.  Le manger. Voyage en côte d'or. Rêve d'Afrique. A cours de cash. Passer au LCL.

Hésiter à publier un billet aussi décousu, sans âme,  sans ourlet, sans bulles.

Un billet de sans.

S'en foutre. Accepter de ne pas être riche.


Par Bérangère - Publié dans : Portraits
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Mardi 10 novembre 2009


Rennes. Galeries Lafayette. Rayon Femme
Le pantalon que j'ai essayé est trop long
Gwenaëlle, vendeuse, petite, avenante
n'a de cesse de remettre une mèche rebelle derrière l'oreille
Elle se met à genoux pour épingler le bas du pantalon
Elle replace la mèche et pose le doigt
sur la commissure de ses lèvres
Mine interrogative

" L"ourlet, on fait le même comme à l'identique ? "

Mes yeux s'écarquillent
Même comme et identique
s'entrechoquent dans mon cerveau

" C'est un Jean donc on fait l'ourlet
avec une piqûre apparente
pas un ourlet surfilé ? "

Pourquoi est-il si difficile de dire les choses simplement
Pourquoi avoir recours à des formules tarabiscottées ?


Il ne s'agissait que de couture
Alors pensez
quand il faut parler
d'Amour...



 







Par Bérangère - Publié dans : Ici et maintenant
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Jeudi 5 novembre 2009

Suis éreintée, émiettée, explosée aux quatre coins de Benodet,

Façon galette de Pont-Aven. A Mort  Bihan.

Trop de fruits de mer. Homard m'a tuée. Les zenfants aussi !

Dans la maison aux hortensias. Pas de réseau. Pas de radio. Pas de télé

Des B.D. Des vélos. Des cabanes

Une table et des raquettes

PING.... PONG... PING.... PONG... PING.... PONG

" Mannman, on sennuie, on na rien nafaire "

" Manman..Manman, Thomas y membête ! "

Pour être une bonne mère, il faut être structurée, organisée, disponible

J'ai la structure d'un loukoum de contrefaçon

Vu de dehors, je fais solide et carrée

Vu dedans c'est le boxon

Qui n'a de beau que son

Brises et bises dans une boîte. Crânienne. Crâneuse

J'ai l'organisation d'une armée en déroute

Pour la promenade

J'oublie  toujours un truc  

Le goûter

Le K Way

La gourde...

Je suis aussi disponible que sourde

Sans appel

"Manman...manaman, mais tu mécoutes ? "

Ben non, j'écoute pas. Plus

Passer dix jours avec un moulin à paroles

ça rend sourd

Pourquoi ne suis-je pas parfaite ?

J'ai une excuse

Je viens du pays du charbon

De la houille

Suis donc une mère

D'houille

Et c'est terril...ble !



En vrac quelques clicés, très clichés


D'une semaine bretonne





                                    Le pignon de la maison aux hortensias





                                      L'entrée de la maison aux hortensias






 
                                         Les bottes de ce lieu





                                          Une belle mer d'houille  

                                       Gwin Zegal. Port de Plouha








Par Bérangère - Publié dans : Ici et maintenant
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