Lundi 29 juin 2009

Les amies dans la vie, c'est  'achement important surtout celles avec qui on peut parler cul-ture. Ah ah...z'avez vu la césure, du travail d'orfèvre.


Vendredi midi avec mon amie Ppn, nous  étions inscrites à une visite culturelle. Avant de suivre les traces d'Odorico dans cette bonne ville de Rennes, nous avons déjeuné en terrasse. A quelques tables de la nôtre, une jeune femme et son bébé. Quinze jours le nain. Voyez le tableau, un foetus qui vient d'accéder au statut de bébé et qui fait son malin. Et que je braille, et que je deviens tout rouge et t'empêche de béqueter tranquille ta salade Parmesane.  "Il a des coliques" qu'elle dit à sa copine attendrie devant le rosbif Cyrillus. Et que je te prends dans les bras "C'est tout, c'est tout, Maman est là !"  Je glisse à Ppn " ça te fait encore envie ?", "Pas du tout !"  me répond-elle. Je pense tout pareil ! 


Nous rejoignons le groupe. Immédiatement on LE repère. Assez grand et costaud, un gilet safari  qui fut kaki ouvert sur un polo acrylique rouge, un short-bermuda (j’y reviendrai) d’une couleur encore inconnue à ce jour. De gros mollets épilés qui n’auraient pas fait rougir Eddy Merckx sur son vélo et des sandalettes pointure 53 portées avec des chaussettes Jacquard. Le total look si l’on ajoute un attaché-case noir attaché au poignet et des cheveux très noirs et très gominés. Valentino relooké par Binet.

 

C’est le bermuda qui attire mon attention. Il porte ce que j’appelle un short Petit Robert avec les deux parties bien séparées. Je préfère les Larousse où toutes les rubriques sont mélangées c’est un peu plus large et le regard est moins attiré.

 

L’Homme Au Bois Dormant a signé un billet sémillant sur l’été, les femmes et le regard des hommes. Mais que croit-il l’HABD que les hommes sont les seuls à mater ? Que nous les filles nous baissons timidement les yeux devant un torse nu, une nuque hâlée ou une bouche gourmande,  un Liweiss bien porté, rebondi derrière, généreux devant. Quenini. Nous aussi on contemple, on examine, on lorgne, on scrute, on dévisage, on fixe, on évalue. On rêve.  Après on commente…

 

Dans quelques jours je pars dans la maison aux hortensias. A ce propos, Yvette a été hospitalisée mais elle va mieux et devrait bientôt rentrer chez elle. La suite à la rentrée. Bon été avec famille et amis. Que vous restiez en France ou que vous partiez loin, n’oubliez pas. On regarde, on mate, on admire, on ouvre ses mirettes, attentif et disponible à la beauté du monde.

On se fait plaisir quoi!



                          


Neoplanete, un nouveau magazine avec "Vissenté" en Une ! Vite mes sels !


Par Bérangère - Publié dans : Ici et maintenant
Ecrire un commentaire - Voir les 22 commentaires
Mardi 23 juin 2009

Monsieur Dao, directeur de l'orphelinat de Nam Dinh, nous propose une tasse de thé vert. Tiédasse. Le goût est âpre.  La chaleur moite de juin a déposé de minuscules  perles de sueur sur les ailles du petit nez de Lise qui court s'asseoir sur les genoux de PP. Monsieur Dao est impeccable dans son pantalon en Tergal gris, ceinturé sur une chemisette blanche. Son anglais est approximatif mais on se comprend. "The little boy is not here. " Depuis sa naissance, il y a trois semaines, il  a été placé chez une nourrice. Ils vont arriver d'une minute à l'autre, on est allé les chercher.


Le portail grince, une silhouette gracile se faufile, la bras gauche plié, la main droite tenant un chapeau. Au Viet Nam, on protège les enfants du soleil. Elle entre, soulève son chapeau et apparaît un beau  bébé assoupi. Il est replet, la bouche charnue, les mains potelées et les ongles rosés. Il est complètement abandonné dans le sommeil. La brassière en coton suit le rythme régulier de sa respiration, les langes un peu grands et mal noués laissent voir les plis de l'aine, lignes sombres et dodues. Les cheveux drus, noirs, épais sont dressés sur la tête.   Lise regarde ce drôle de bébé si différent de son grand frère blond comme les blés. "Il est beau ton petit frère, non ?" Elle se contente de hausser les épaules.


Le retour sur Hanoi est épuisant, les sièges en skaï collent aux fesses, la poussière de la route envahit l'habitacle et pique les yeux. Arrivés à l'hôtel, je baigne ma Lisette et Thomas. Il pleure, de petits cris étouffés de chiot. La femme de chambre le prend , le place haut sur son épaule, lui tape énergiquement le dos et commence à chantonner des comptines en vietnamien. L'effet est immédiat, Thomas se calme. Dans mon esprit encore chamboulé par la rencontre et le voyage, naît l'angoisse. Ne sommes-nous pas en train d'arracher ce petit garçon à ses odeurs, ses sons, sa langue ? Il ne retrouvera jamais contre mon sein, cette odeur particulière aux femmes vietnamiennes, ce délicat mélange de sueur et de citronnelle, beaucoup plus envoûtant que repoussant. L'enlever à sa Terre pour le planter en pot ? 


Lise parle rarement de son adoption. Il y a quelques mois, le Viet Nam occupait beaucoup de place dans la vie de Thomas. Nous l'avons laissé écrire son roman familial. Contrairement à sa soeur, il s'est approprié son histoire. C'est un petit garçon plein de vie. Bavard, pétillant, monté sur ressorts. Le matin, à peine levé, il démarre. Moi le matin, il me faut du calme. Alors je le rabroue, "Tais-toi", "Parle moins fort", "Fous la paix à ta soeur" ensuite je m'en veux. L'autre soir, la coupe pleine de culpabilité, je me suis assise sur son lit, ai posé mes lèvres sur son front "Tu sais que je t'aime mon Thomas ?" Il s'est redressé, a planté ses yeux noirs dans les miens "Évidemment que je le sais puisque tu m'as choisi."



Thomas est né un 3 juin. Nous l'avons vu pour la première fois un 24 juin. Il y a douze ans.

 
* Merci en vietnamien.

 

Par Bérangère - Publié dans : Portraits
Ecrire un commentaire - Voir les 25 commentaires
Mercredi 17 juin 2009

Hier soir, sur France 5, on parlait de chez moi. Un documentaire fort bien fait signé Gilles Balastre  sur la région Nord et le monde du travail. Sur sa belle santé économique des années 70 liée à l'industrie textile et sa chute  dans les années 2000, entraînée par la fermeture étagée mais inexorable de ses usines. Aujourd'hui on dirait sites de production. Petit rappel avant la laine, c'était le charbon qui faisait bouillir la marmite des corons. Deux industries polluantes et grandes consommatrices de main-d'oeuvre.

Cette aventure  racontée en canon, d'un côté la voix des patrons de l'autre celle des ouvriers, m'a replongée dans l'enfance.  Même si mon grand-père n'appartenait à aucun de deux mondes car commerçant, j'ai retrouvé dans ces récits croisés des paroles, des témoignages entendus quand mes oncles, tantes, amis des parents discutaient. Ce qui m'a le plus ému dans ces petits bouts de vie c'est l'évocation du "temps d'avant" celui du plein emploi ou presque, avant que n'arrivent la précarité du travail, la flexibilité des horaires, la délocalisation. Les usines fermées, les ouvriers se  retrouvent "à pointer", inquiets de ne pas avoir  "leurs points" pour prétendre à la retraite. Il y avait beaucoup de peur. Une peur ou un malaise qui nous gagne tous.

On ne comprend vraiment une souffrance que lorsque que l'on connaît celui qui souffre. Et bien hier soir, les Bruno, les Marcel, les Jean-Claude, je les connaissais. Ou plutôt je les reconnaissais. A quoi ? A leur accent. On est loin du C'hti d'opérette de Dany Boon, non je vous parle du vrai accent du Nord où les A sont ronds comme des O, où les S deviennent CH. Mon accent n'est pas aromatisé à la lavande, non, il sent la cassonade, le froid piquant des matins d'hiver, la Stella Artois, le pavé mouillé, la bonne odeur d'un poêle à charbon. Il traîne du côté de Wazemmes et de Douai. J'ai quitté Lille il y a 25 ans mais je sais que je l'ai gardé un peu comme une marque de fabrique. Je suis estampillée. Il n'est pas très classe mais ch'est le mien et j'l'aime, voilà quoi !

Si à ce documentaire retour aux sources, j'ajoute le film de Keren Yedaya "Jaffa" je peux vous assurer qu'hier j'ai vécu une vraie journée nostalgie. Retrouver Israël à l'écran, entendre parler hébreu, suivre en lent travelling les rues de Jaffa, voisine de Tel Aviv, c'était incroyablement émouvant. Le film "Jaffa" c'est une  histoire d'amour qui tourne mal. Mais au delà du drame sur fond de tension arabo-juive, il y a un formidable message de liberté. Celle que la jeune héroïne va enfin s'accorder, s'affranchissant de sa famille. Le dernier plan du film est d'une rare beauté. Pourtant il n'y a qu'une gamine, la mer Méditérannée et une femme qui chante...






                                             Avec ma mer du Nord...

Par Bérangère - Publié dans : Ici et maintenant
Ecrire un commentaire - Voir les 27 commentaires
Vendredi 12 juin 2009

"Vice-Versa" la librairie francophone de Jérusalem organise régulièrement des débats, des soirées, des concerts et Denise, l'une des libraires propose des escapades littéraires à travers la ville. Extraits de romans lus au fil des rues et des quartiers. Nous sommes en septembre 2006, "Les bienveillantes' de Johantan Littell viennent de déferler. Je lis ce pavé. Jusqu'à la nausée. Vice Versa monte une soirée-débat autour du livre. Il y a un monde fou. L'ambiance est électrique. Je sympathise avec ma voisine. Une  belle femme, vive et passionnée. A la fin de la soirée, nous échangeons nos numéros. J'égare le sien.

Quelques jours plus tard, Elle m'appelle. Nous nous donnons rendez-vous au Café Hilel à l'angle de rehov Yafo et rehov Heleni hamalka. Au fil des conversations, j'apprends qu'elle a fait son alya dans les années 70 avec ses deux ainées. "Mais en France, vous habitiez où ?", "à Lille..." Mon coeur ne fait qu'un tour. Nous nous revoyons souvent. Elle me parle de sa vie, d'Israël et surtout me fait découvrir SA Jérusalem. On décide qu'il est temps que nos maris se rencontrent. On passe une soirée délicieuse dans un restaurant de Moshavat Germany. "Vous habitiez à Lille, mais quelle rue ?", " Jeunes mariés, nous louions un meublé à un couple de retraités, rue d'Arcole, au 12"


Ma mère adorait Tante Berthe, couturière de son état, elle trouvait que ses robes avaient du "chic" Le samedi, au volant de l'Ami 6  de mon père, nous allions chez oncle Gaston et tante Berthe pour les "essayages." J'adorais jouer dans l'atelier de Tante Berthe, créer des bouquets d'étoffes colorées. Oncle Gaston, s'asseyait dans son fauteuil: " Allez, Petite, je t'écoute" et je déclamais les poésies apprises en classe. Il était bon public et je quittais le salon sous des salves d'applaudissements. Leur fille unique mariée, ils ont transformé la maison. Ils occuperaient le rez-de-chaussée louant l'étage désormais aménagé en meublé. Vous l'avez deviné, ils habitaient rue d'Arcole, au 12.


C'est une histoire toute simple mais je la trouve belle et  la dédie à Heure-Bleue et Otir.


Quatre ans aujourd'hui que j'ai ouvert ce blog. Heure Bleue a été la toute première inconnue à commenter mes billets. Otir, de son côté de l'océan, a parlé de mon blog boostant ainsi le trafic. Je veux les remercier. Comme vous tous qui passez par ici. En silence ou non. Merci. Si si !









Pour la photo de l'inconnue, le Goût des autres a trouvé. David-Néel. Une femme remarquable qui battait le vaste monde quand ses congénères s'assuraient d'avoir la taille "bien prise" dans leur corset. Au fait, le Goût est Monsieur Heure Bleue à la ville. Une sacrée paire !



Par Bérangère - Publié dans : Israël
Ecrire un commentaire - Voir les 24 commentaires
Mardi 9 juin 2009

J'ignore pour vous mais y'a des jours où je me pose des questions. De Vraies questions. Du genre de celles qui me renvoient à mon moi. Mon Moi Profond. MMP.

J'ignore pour vous mais je suis la championne des montagnes russes existentielles. Certains jours je déprime, d'autres je suis heureuse, HEU-REUSE. J'ai mené mon enquête je pourrais être Bi-Polaire. B.P.

Le bi-polaire d'aujourd'hui est le maniaco-dépressif d'hier, ce qui est nettement moins glamour.  "Tu fais quoi dans la vie ? " , "Ben je bipolarise, enfin j'en suis qu'au début !"

J'ai lu, re-lu des publications et suis arrivée à cette conclusion: je serais plutôt bi-solaire. Novi sub sole. Préférant le chaud au froid. Le débordement à la retenue. Nue !

Un exemple? Hier soir alors que le ciel fondait en larmes sur la ville, j'avais le coeur léger. PP à Paris, les enfants au lit. Je me trouvais seule. Ici.

J'ai traîné sur le net. Je me suis inscrite sur FaceBook.

Ce matin en ouvrant le B.A.L (Boîte Aux Lettres) j'avais vingt-quatre messages. Vu que je ne suis pas la veuve d'Omar Bongo, il ne pouvait s'agir de condoléances.

Des potes, des neveux, des ami(e)s, des connaissances, des perdus de vue, des zamidamis, des copains de Léo, ma belle-soeur et même des blogueurs, tous répondaient à mon invitation !

Quelle invitation ? Apparemment celle que j'ai envoyée hier soir. Depuis ce matin, j'essaie de comprendre l'histoire du mur...du Bérangère seulement...des amis seulement...du mur des autres...de mon badge...et les icones bizarres !

Je note que tout cela me refroidit (bi-polaire) mais que cela m'amuse aussi (bi-solaire)

Combien de temps cela va-t-il durer ?


Mais je suis très fière de la photo de mon profil. Devinez ?








Par Bérangère - Publié dans : Portraits
Ecrire un commentaire - Voir les 21 commentaires
 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus