On the road again
"Vice-Versa" la librairie francophone de Jérusalem organise régulièrement des débats, des soirées, des
concerts et Denise, l'une des libraires propose des escapades littéraires à travers la ville. Extraits de romans lus au fil des rues et des quartiers. Nous sommes en septembre
2006, "Les bienveillantes' de Johantan Littell viennent de déferler. Je lis ce pavé. Jusqu'à la nausée. Vice Versa monte une soirée-débat autour du livre. Il y a un monde fou. L'ambiance est
électrique. Je sympathise avec ma voisine. Une belle femme, vive et passionnée. A la fin de la soirée, nous échangeons nos numéros. J'égare le sien.
Quelques jours plus tard, Elle m'appelle. Nous nous donnons rendez-vous au Café Hilel à l'angle de rehov Yafo et rehov Heleni hamalka. Au fil des conversations, j'apprends qu'elle a fait son
alya dans les années 70 avec ses deux ainées. "Mais en France, vous habitiez où ?", "à Lille..." Mon coeur ne fait qu'un tour. Nous nous revoyons souvent. Elle me parle de sa vie, d'Israël et
surtout me fait découvrir SA Jérusalem. On décide qu'il est temps que nos maris se rencontrent. On passe une soirée délicieuse dans un restaurant de Moshavat Germany. "Vous habitiez à
Lille, mais quelle rue ?", " Jeunes mariés, nous louions un meublé à un couple de retraités, rue d'Arcole, au 12"
Ma mère adorait Tante Berthe, couturière de son état, elle trouvait que ses robes avaient du "chic" Le samedi, au volant de l'Ami 6 de mon père, nous allions chez oncle
Gaston et tante Berthe pour les "essayages." J'adorais jouer dans l'atelier de Tante Berthe, créer des bouquets d'étoffes colorées. Oncle Gaston, s'asseyait dans son fauteuil:
" Allez, Petite, je t'écoute" et je déclamais les poésies apprises en classe. Il était bon public et je quittais le salon sous des salves d'applaudissements. Leur fille unique mariée, ils ont
transformé la maison. Ils occuperaient le rez-de-chaussée louant l'étage désormais aménagé en meublé. Vous l'avez deviné, ils habitaient rue d'Arcole, au 12.
C'est une histoire toute simple mais je la trouve belle et la dédie à Heure-Bleue et Otir.
Quatre ans aujourd'hui que j'ai ouvert ce blog. Heure Bleue a été la toute première inconnue à commenter mes billets. Otir, de son côté de l'océan, a parlé de mon blog boostant ainsi le
trafic. Je veux les remercier. Comme vous tous qui passez par ici. En silence ou non. Merci. Si si !
Pour la photo de l'inconnue, le Goût des autres a trouvé. David-Néel. Une femme remarquable qui battait le vaste monde quand
ses congénères s'assuraient d'avoir la taille "bien prise" dans leur corset. Au fait, le Goût est Monsieur Heure Bleue à la ville. Une
sacrée paire !
Vous en pensez quoi ?