Rennes. Galeries Lafayette. Rayon Femme
Le pantalon que j'ai essayé est trop long
Gwenaëlle, vendeuse, petite, avenante
n'a de cesse de remettre une mèche rebelle derrière l'oreille
Elle se met à genoux pour épingler le bas du pantalon
Elle replace la mèche et pose le doigt
sur la commissure de ses lèvres
Mine interrogative
" L"ourlet, on fait le même comme à l'identique ? "
Mes yeux s'écarquillent
Même comme et identique
s'entrechoquent dans mon cerveau
" C'est un Jean donc on fait l'ourlet
avec une piqûre apparente
pas un ourlet surfilé ? "
Pourquoi est-il si difficile de dire les choses simplement
Pourquoi avoir recours à des formules tarabiscottées ?
Il ne s'agissait que de couture
Alors pensez
quand il faut parler
d'Amour...
Par Bérangère
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Suis éreintée, émiettée, explosée aux quatre coins de Benodet,
Façon galette de Pont-Aven. A Mort Bihan.
Trop de fruits de mer. Homard m'a tuée. Les zenfants aussi !
Dans la maison aux hortensias. Pas de réseau. Pas de radio. Pas de télé
Des B.D. Des vélos. Des cabanes
Une table et des raquettes
PING.... PONG... PING.... PONG... PING.... PONG
" Mannman, on sennuie, on na rien nafaire "
" Manman..Manman, Thomas y membête ! "
Pour être une bonne mère, il faut être structurée, organisée, disponible
J'ai la structure d'un loukoum de contrefaçon
Vu de dehors, je fais solide et carrée
Vu dedans c'est le boxon
Qui n'a de beau que son
Brises et bises dans une boîte. Crânienne. Crâneuse
J'ai l'organisation d'une armée en déroute
Pour la promenade
J'oublie toujours un truc
Le goûter
Le K Way
La gourde...
Je suis aussi disponible que sourde
Sans appel
"Manman...manaman, mais tu mécoutes ? "
Ben non, j'écoute pas. Plus
Passer dix jours avec un moulin à paroles
ça rend sourd
Pourquoi ne suis-je pas parfaite ?
J'ai une excuse
Je viens du pays du charbon
De la houille
Suis donc une mère
D'houille
Et c'est terril...ble !
En vrac quelques clicés, très clichés
D'une semaine bretonne
Le pignon de la maison aux hortensias
L'entrée de la maison aux hortensias
Les bottes de ce lieu
Une belle mer d'houille
Gwin Zegal. Port de Plouha
Par Bérangère
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Lilloise née de parents Lillois. Les moules, je suis tombée dedans
étant petite. Les mois en R, nous en mangions très souvent. Et début septembre pour la Braderie, au moins deux fois dans la semaine. La Braderie ne serait rien sans ses Frites et ses
moules. Pêchées vers Boulogne-sur-Mer, fraîches et charnues, cuisinées avec un peu de céléri et de Muscadet...
Dans un grand faitout en fonte, à feu doux, faîtes suer une belle échalote et un petit oignon. Ajoutez une fine carotte coupée en rondelles
et quelques délicates lamelles de céléri branche. Du poivre fraîchement moulu mais surtout point de sel. Quand la préparation prend une jolie couleur dorée, jetez les moules en une seule
fois. Environ 500 g/pers. Versez le verre de vin blanc, un Muscadet sec fera l'affaire. Fermez le couvercle. Si les moules crient c'est qu'elles sont très fraîches. Laissez cuire
environ 7 minutes. Evitez de jouer les curieux et de soulever le couvercle pendant la cuisson.
Le secret: Quand vous versez les moules, mettez le gaz à fond. Les moules doivent êtres saisies.
Viet Nam. Cinq mois à attendre que le dossier d'adoption de Lise passe par les différents bureaux ad hoc. Cinq mois inoubliables comme
l'automne à Hanoï. Une température toute douce, des couchers de soleil orangés et parfumés au riz gluant, au Nuoc Mam et aux épices. C'est à ce moment là que j'ai rencontré Song Thu.
Française d'origine vietnamienne. Cuisinière hors pair qui m'a appris à faire le Porc au caramel.
Dans un fond d'huile, faîtes revenir deux beaux oignons puis la poitrine de porc coupée en gros dés. Environ 200g/pers. Laissez chanter et dorer. Ajoutez une cuillère à soupe de sauce de
Soja (Kikkoman) et trois de Nuoc Mam. Sel, poivre une bonne pincée de 5 épices. Couvrir et laisser cuire à feu doux. Le temps qu'il faut. Dans une autre casserole. Préparez un caramel avec 200
grs de sucre, un peu d'eau et deux gouttes de citron. Le caramel prêt, jetez le mélange de porc.
Le secret: ne pas couvrir le mélange Porc et caramel pour garder l'aspect laqué.
Ma mère m'a légué ses yeux marron, ses sautes d'humeur et sa recette des cailles aux raisins. Le dimanche matin dans "sa" cuisine, à
l'aube, si nous avions des invités à déjeuner. Elle brûlait les plumes encore attachées aux pattes des petits volatiles. Une odeur que je pourrais reconnaître entre mille.
Une recette qu'elle tenait de sa mère, Agnés, qui la tenait de sa mère, Maria...
Laissez gonfler des raisins blonds et secs dans un mélange eau chaude/Porto. Dans une casserole en fonte, faîtes fondre 100 grs de beurre, ajoutez deux échalotes émincées, un petit tout
petit oignon et les cailles (les pattes et les ailes maintenues à l'aide d'un fil de cuisine.) Roulez les petites bêtes dans le beurre. Quand elles sont dorées à souhait, versez un verre de
Porto et si vous êtes en forme faîtes flamber au Cognac. Salez et poivrez généreusement. Laissez mijoter les mignonnes dans leur jus gorgé des sucs de cuisson. N'hésitez pas rajouter du beurre. A
feu tendre. Attendre que ces demoiselles cuisent.
Le secret: Servez-vous de l'eau de décoction des raisins pour la cuisson. La moitié à peu près.
Et je ne donne pas mes recettes à n'importe qui !!!
Par Bérangère
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Ce n'est pas tous les jours facile mais grosso modo notre éducation tient la route et je
pense que nos enfants sont bien dans leur peau. En revanche y'a un truc avec lequel j'ai un mal de chien. Un truc qui me demande des efforts surhumains. Un comportement, une attitude, une
manie, une sale habitude contre laquelle je lutte désespérément. Je fais à la place des enfants. Je suis une pédagogue de chiottes.
Ma fille veut cuisiner. Je la laisse choisir la recette. Je n'interviens en rien. Mais à un moment c'est plus fort que moi. "Mais Maman, laisse-moi faire!" " Oui, oui ma
chérie, désolée...là vas-y, mais attention hein pas trop vite la farine, ça va faire des grumeaux et y faudra tout recommencer!"
Même chose avec leur chambre. Normalement si j'étais une bonne mère, je les laisserais ranger qu'ils apprennent à
gérer leur espace, leur temps. Ben non ! je plie le pyjama, je fais le lit, je classe les livres, je mets les chaussettes sales là où elles devraient être....Je fais à leur place, pour
eux.
Et savez-vous pourquoi ?
GAGNER DU TEMPS POUR FAIRE MES TRUCS A MOI. NE PAS AVOIR A REPETER QUARANTE FOIS LES MEMES CHOSES ET AVOIR LA PAIX !
Et je ne culpabilise même pas Voila ! Enfin pas trop beaucoup !
Par Bérangère
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